Réalisé par Park Chan-wook
Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook, plus
Titre original : Bak-Jwi
Interdit aux moins de 12 ans
Long-métrage sud-coréen . Genre : Drame , Thriller
Durée : 02h13min Année de production : 2008
Distributeur : Le Pacte
Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...
Critique ddarko:
Apres la trilogie de la vengeance dont le magnifique point culminant aura été Old Boy, Park Chan Wook s'est attelé à la comédie loufoque (Je suis une cyborg) et a finalement peu convaincu. Le voir revenir au film de genre attisait déjà notre envie de revoir un cinéma coup de poing dont la Corée se fait le nouveau terreau.
Vers un idéal culturel
En se servant du roman d'Emile Zola « Thérèse Raquin » pour nous donner sa vision du mythe vampirique, le cinéaste y appose un regard toujours lucide sur la société Coréenne mais se penche cette fois ci sur les liens entre une famille traditionnelle et la nouvelle jeunesse. Le prêtre servirait de lien entre les deux, sa transformation en vampire servant de passage de l'une a l'autre. Cette piste relativement pertinente lorsqu'il s'agit d'illustrer l'impact d'un nouveau cinéma dans une société jusque la en retrait culturel, fait écho a l'expérience douloureuse d'un cinéaste incompris. En prenant compte que Park Chan Wook était lui-même destine à être prêtre avant de se concentrer sur la carrière que l'on connait, on peut considérer « Thirst » comme un film précieux et indispensable pour n'importe quel amateur de son cinéma. On peut y voir une allégorie sur un pays gangrené par l'hermétisme culturel, s'ouvrant enfin vers une forme de liberté, ce qui renvoie à la métamorphose vampirique.
Panache visuel
Comme d'habitude chez Park Chan Wook, la recherche de l'esthétique coup de poing donne souvent naissance a du jamais vu pour illustrer la psyché des ses personnages. A ce titre, la transformation du prêtre impressionne tant dans l'utilisation des cadres (souvent en mouvement) et des sons, impliquant le spectateur comme jamais auparavant. Le cinéaste arrive à nous faire croire en les envies charnelles du prêtre, alors que son statut le lui interdit. Une piste scénaristique qui sera abandonnée par la suite au profit d'autres moins intéressantes. On reste donc sur sa faim concernant le personnage du prêtre qui reste bizarrement le mieux écrit de l'histoire.
Un foutoir scénaristique
Etait-ce un besoin de trop en faire ou bien de voir l'histoire lui échapper ? Toujours est-il que les multiples ramifications scénaristiques éloignent le spectateur de l'histoire. Les enjeux sont abandonnes en cours d'histoire (quid du rejet de la religion ?) pour privilégier d'autres moins intéressants (la relation entre la fille et son mari souffrant s'accapare bon nombre de scènes longuettes) et certains personnages mal écrits ne font qu'accentuer l'impression que le film lui a échappé des mains.
Dommage car le cinéaste semblait maitriser la narration et se permettait des ruptures de ton bien venues (on passe de l'horreur pur au burlesque, en passant par l'érotisme charnel)
Un trop grand nombre d'erreurs d'écriture déçoivent de la part d'un real de la trempe de Park Chan Wook. On s'attendait a un retour aux sources salvateur, mais nous avons droit a une sortie de route. Dommage.
3/6

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